Ceux qui n'ont jamais vu Buffo riront certainement à sa "nouvelle version" comme il l'a appelée. Les autres iront voir une vieille connaissance, un ami presque, comme pour prendre de ses nouvelles. Il feront la claque aux bons endroits, en connaisseurs, pour baliser le passage aux bizuts. De fait, c'est bien ce qui se passe dans la grande salle du Rond-Point, une sacrée promotion d'ailleurs au passage. Eh oui, l'ami Buffo a élargi son public à force de rouler sa bosse de clown depuis 30 ans. Il est invité au journal de France 2, fait partie du patrimoine national maintenant.
Sauf que l'énergie d'une grande salle est différente. Si elle convient à ce farfadet de Caubère, qui a tôt fait d'envahir le plateau avec ses personnages, le clown délicat, timide, maladroit et sensible d'Howard Buten s'y trouve un peu isolé. Vu qu'il parle en charabia, l'expression du visage, et ses fines variations, revêtent une grande importance, doivent être vues de tous. Mais bon, la musique lui sert de langage et les instruments de compagnons de scène. Et puis il a aussi son coté crado, qui pète, rote, joue avec ses crottes de nez et va bruyamment pisser en coulisse, pour le plus grand plaisir des enfants d'ailleurs. Le couple habituel de cirque, clown blanc sérieux et auguste farceur, est ici constitué d'un seul personnage.
Quoi de neuf dans ce spectacle? Toute une première partie avec un piano, un bugle, un ventriloque. Mais la suite reprend d'anciens numéros, dont la naissance du violon, presque sans changement. Les revoir n'apporte pas grand chose, à part peut-être d'entendre leur effet sur un public très varié et enthousiaste. Celui-ci se renouvelle plus que l'artiste. Voilà mon impression de sortie. J'ai surtout ri d'entendre des gamins de 4 ans s'esclaffer et comprendre les gags avant tout le monde. Que demander de plus pour un clown?