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[critique]
Olympe

-__ tu parles...

par Louis-David Mitterrand le 03-10-07

Véronique Ataly a de la présence, du caractère et un joli minois. Elle
commence par haranguer le public depuis les cintres à l'aide d'un texte d'Olympe de Gouges, cette précurseur(e) du féminisme qui paya de sa tête l'avance qu'elle avait sur son temps et (un peu aussi) sa particule. Jusque là tout va bien. Le public est chauffé, applaudit, se prend pour le comité de salut public. S'entendre évoquer le destin d'une femme exceptionnelle dans une époque qui ne l'est pas moins, comment ne pas être à l'écoute?

Mais très vite, patatras. Véronique dépose le masque d'Olympe et nous avoue avoir un "trou". C'est pour de faux bien entendu, un simple prétexte à parler d'autre chose. De rondelles de saucisson, sa fille, son père qui aime la bière, ses origines du Nord (à coté de Lille), etc. Non seulement elle a un trou mais elle fait des jeux de mots, pousse la chansonnette, fait un pas de bourrée, et autres joliesses d'artiste multidisciplinaire qu'elle est. Pourquoi pas? Après tout, rien n'est interdit au théâtre. Mais là, difficle de suivre le propos, de trouver un lien, une cohérence, un intérêt à ces élucubrations.

Comment partir d'un sujet potentiellement si intéressant pour tomber dans l'anodin le plus complet, frustrant au passage une bonne partie du public qui était venu, comme moi, en espérant repartir moins bête? C'est pourtant le résultat obtenu. Ce public si bienveillant, si tolérant, qui remercie si gentiment la comédienne au salut, il faudrait penser à le nourrir un peu plus. Il n'était pas venu assister à une conférence historique d'Alain Decaux, certes, mais un tel escamotage de contenu au profit de bavardages à de quoi surprendre. De la part de Jean-Marie Lecoq, l'auteur, c'est d'autant plus étonnant qu'il est par ailleurs un talentueux comédien, qui fait tout sauf ennuyer, notamment dans les rôles comiques où il excelle.