[critique]
Chuck Close


Close to us
par Clémence de Cambourg le 01-03-07
Grands amateurs de l'artiste américain Chuck Close : le message qui suit vous est expressément destiné. Vous l'admirez ? Vous l'adorez ? Sa production depuis quarante ans vous fascine ? Vous rêvez d'aller explorer la rétrospective que lui consacre depuis trois semaines le Musée Reina Sofia de Madrid ? Et pourtant, ces derniers temps, votre tirelire fait franchement grise mine ? La vilaine peu férue de sangria (normal pour un petit cochon) vous empêche d'aller passer un week-end en Espagne ? Détendez-vous ! La galerie Xippas présente jusqu'au mois d'avril une série de photographies et scénographies de votre artiste portraitiste favori. D'accord, les oeuvres y sont présentées en nombre réduit, mais mieux vaut ça que rien comme l'avance la phrase toute faite un peu facile quoiqu'on ne peut plus vraie...
Pour ceux qui ne connaissent pas bien Chuck Close, l'artiste est l'un des pionniers de l'hyper réalisme, mouvement artistique né aux Etats-Unis dans les années 70. Close propose depuis 30 ans des portraits grand format de ses amis et des artistes qu'il côtoie, notamment Robert Rauschenberg qui d'ailleurs dans la galerie est le seul à poser de trois-quart.. Close n'est pas le seul artiste mondialement connu obnubilé par le visage de ses proches et les détails que ce dernier peut offrir. Mais, comme les figures qu'il photographie avec gourmandise depuis la fin des années 60, Close reste unique. Et c'est parce que son art en est un scientifique...disons d'ailleurs géométrique. Sa technique consiste en des agrandissements sur toile de petites photographies Polaroïds réalisées à l´aide d'un système de grille. Close développe ainsi des portraits extrêmement détaillés qui, comme des écrans pixellisés, offrent à nos yeux une multitude de tâches abstraites. Avec le minutieux Close, on n'est pas franchement dans l'univers " photoshopesque " gommeur de pores dilatés.
L'artiste a toujours privilégié le polaroid pour photographier ses modèles, mais comme le démontre cette expo, la naissance de l'ère du numérique à la fin des années 90 ne l'a pas laissé dans un siège en spectateur ramolli. Les murs de la galerie accueillent une série d'impressions numérique réalisées ces dernières années. Pas vieux jeu du tout le Chuck...On est content qu'il soit "close to us" pour quelques temps. Pas besoin de bouder, vous voyez: Chuck n'est pas qu'au pays des churros...
[archive]
Fiche exposition
James, 2004
Robert Rauschenberg, 1996
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