Qu'est-ce que le Sud de la Thaïlande, depuis le tsunami? Des villes ruinées, des plages dévastées, des populations raréfiées et marquées à jamais par la sauvagerie de la nature qui semble avoir éveillé chez beaucoup leur propre violence. Telle est, du moins, le paysage qu'en donne le réalisateur Aditya Assarat. Au premier plan de cet indispensable retour sur les effets du tsunami, Ton, un architecte en bâtiment qui choisit de s'installer dans un hôtel éloigné de la ville, tenue par Na, une jeune femme plus solitaire encore que lui.
Une histoire d'amour tissée avec sensualité et pudeur sur fond de chaos : "Wonderful town" est, entier, à l'image de ce contraste, un film à la poésie sombre, parfois lugubre même, bercé par une douceur méditative et quelques plans d'une beauté intense. Assarat manie en artiste les couleurs souvent ternes, grisâtres de cet après-déluge, et la riche palette de lumières, pour un résultat tout en nuance, où le calme auquel la mort a fait place semble sans cesse menacé par un nouvel élan de violence... qui surviendra d'ailleurs, dans un dernier plan effrayant. Fort, mémorable, "Wonderful town" est surtout conseillé à ceux que la lenteur méditative des films asiatiques bouleversent.