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[critique]
There will be blood

++_ Pas si sanguin que ça

par Anne Eyrolle le 20-02-08

Avant même sa sortie dans les salles New Yorkaises en décembre dernier, les critiques américains en avaient fait LE film phénoménal, faucheur d'Oscars, à commencer par celui du meilleur comédien. Après quelques années de discrétion subie, Daniel Day Lewis décroche là un rôle taillé pour la statuette, dans un film tout aussi mégalo. Pendant près de trois heures, l'oeil photographique de Paul Thomas Anderson dresse le portrait de l'Amérique du début de XXème siècle, à travers l'ascension d'un exploitant en pétrole. Misanthrope, cynique, sans foi ni autre loi que celle de l'expansion de ses puits de pétrole, l'homme est prêt à se convertir à toutes les croyances et à exploiter la tendresse que lui porte son fils adoptif, pour gagner le coeur des populations -et leurs terres. Et c'est sur fond de religion, de mensonges, de luttes de pouvoir que, peu à peu, la fortune d'un homme se dessine, symbole d'une Amérique grandissante grâce à son or noir.

Les immenses déserts brûlés par un soleil de plomb, progressivement envahis par des puits de pétrole, drapeaux de la gloire humaine : accompagnée par des sons stridents et alarmants, la beauté des grands espaces est immédiatement saisissante. Cuisante. On pense aux western de Sergio Leone, et Daniel Day Lewis a même des airs de cowboy inébranlable. Enfoui sous les terres, la pioche à la main, le front torturé par l'effort : dès les premières secondes, il s'empare de son personnage avec la dureté et l'opiniâtreté qui font les grands rôles. Il n'en perdra jamais rien, même si la relation qui se tisse avec son fils adoptif est l'occasion pour lui d'effleurer sa part plus humaine -mais décidément infime. L'homme a des airs de monstre avide et impitoyable, qui ne peut mourir qu'écrasé par sa richesse et sa solitude.

Face à ce tableau époustouflant où un homme se découpe sur fond d'une Amérique en plein essor incandescent, on comprend sans mal la pluie de félicitations recueillie par Paul Thomas Anderson et par les acteurs. Le réalisateur et son équipe en mettent plein la vue, et livrent une sublime épopée américaine. Pourtant, on peut regretter l'apparente difficulté à choisir entre fresque historique et portrait d'un homme, au point que ni l'une ni l'autre ne soit finalement tout à fait creusé. Côté histoire, il manque des personnages et des clés essentiels à la compréhension de cette période phare de l'Amérique. Quant à Daniel Plainview (Day Lewis), il aurait sans doute gagné à se confronter à des personnages plus puissants. Il y a bien le pasteur (Paul Dano), mais il est de maigre facture à côté du géant Day-Lewis qui, du coup, domine sans nuance de la première à la dernière minute du film. Mais après tout, c'est aussi çà, l'Amérique qu'il incarne.
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Fiche cinéma
Titre:There will be blood
Comédiens:Paul Dano
Dillon Freasier
Daniel Day Lewis
Réalisateur:Paul Thomas Anderson
Dates:
- 2008 [1 date]
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Affiche
Affiche
Une forte relation père-fils (Daniel Day Lewis-Dillon Frasier) au coeur d'une fragile histoire de pétrole.
Une forte relation père-fils (Daniel Day Lewis-Dillon Frasier) au coeur d'une fragile histoire de pétrole.