[critique]
Pars vite et reviens tard


Pars vite, et ne te sens pas obligé de revenir
par Marianne Schönwasser le 10-02-07
Franchement, certains titres de films prêtent le flanc aux jeux de mots nuls, d'autant plus facilement trouvés quand le film en question n'est pas génial. Certains confrères s 'étaient ainsi -assez injustement- régalés avec la dernière réalisation de Guillaume Canet "Ne le dis à personne" (" Ah bah ça c'est sûr, ça risque pas ! "). On peut d'ores et déjà gager que "Pars vite et reviens tard" risque de subir le même destin (cf, le jeu de mots consternant servant de titre à ce papier...)
Car non, c'est certain, "Pars vite" ne devrait pas rester dans les annales du 7ème art, ni même nécessiter qu'on banalise un dimanche soir pour le voir.
D'autant plus dommage que le premier quart d'heure était assez engageant. A Paris, le commissaire Adamsberg s'inquiète : les portes de certains immeubles se trouvent badigeonnées de signes cabalistiques étranges et les habitants de celles qui ne le sont pas sont retrouvés morts, victimes de ce qui semble être un regain de peste.
Wargnier filme Paris (plus particulièrement le quartier de Beaubourg) comme une cité médiévale avec ses ruelles sinueuses, sa "taverne", ses figures tutélaires, son annonceur public... Et comme toute cité médiévale, celle-ci est rongée par ses peurs millénaristes, en l'occurrence, le retour de la peste bubonique. Dans les rues, les masques de protection se multiplient et le metteur en scène amène habilement le film sur le terrain de la critique du tout sécuritaire. Peuplée de fantômes aux bouches masquées de blanc, Paris semble se préparer à l'Apocalypse.
C'est là la seule réussite du film: parvenir à restituer un peu de l'ambiance qui nimbe le roman de Fred Vargas. Le problème qui plombe atrocement cette adaptation (outre les libertés prises avec le récit original) tient à la performance des acteurs. Chacun dans son registre tutoie la catastrophe. José Garcia tient tellement à en faire dans le genre " personnage tout en intériorité ", qu'à force de sentiments rentrés, il n'en sort pas grand chose...Nicolas Cazalé est quasi inaudible, quant à Marie Gillain, elle surjoue constamment. Seul Olivier Gourmet s'en sort sans que naisse aux commissures des lèvres du spectateur un sourire mi-goguenard mi-désolé.
%shared>