[critique]
Les Ambitieux


N'est pas Balzac qui veut
par Marianne Schönwasser le 10-02-07
Un jeune provincial aux hautes ambitions littéraires fait fléchir le coeur d'une éditrice aux dents longues et s'inspire sans scrupule de l'histoire personnelle de sa maîtresse pour écrire un best-seller.
C'était avec plaisir qu'on retrouvait le tandem de choc Corsini/ Viard, plusieurs années après ce film réjouissant qu'était "La Nouvelle Eve". D'une oeuvre à l'autre, les personnages incarnés par Viard partagent un certain nombre de points communs : même quête désespérée de l'amour avec cet air de ne pas y toucher, même désir viscéral de faire sa place dans le monde avec un million de complexes en bandoulière. Mais alors que Corsini, dressait dans "La Nouvelle Eve" un portrait intelligent du milieu militant, balisé par de grands idéaux et de petites lâchetés, elle s'embourbe ici dans sa description du monde de l'édition.
Que de poncifs rabâchés à longueur de pellicules ! Le thème de l'ambitieux, cher à la littérature du XIXème est ici traité sans souffle, mais avec tous les lieux communs possibles : des séances d'écriture fébriles au pull informe en guise d'uniforme, rien n'est épargné au pauvre Eric Caravaca, confiné dans sa posture d'apprenti-écrivain. On s'ennuie passablement devant cette caricature du milieu de l'édition, de la province (gentils mais pas fute-fute, voir la fiancée d'Eric Caravaca), des Parisiens (évidemment tous arrogants). Bref, des "Ambitieux" sans ambition...
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