Woody Allen a-t-il encore quelque chose à dire ? That is the question.
Après avoir écumé en quelques quarante films ses thèmes fétiches : le couple, les femmes, le sexe, la reconnaissance et autres préoccupations existentielles patinées de psychanalyse, le plus européen des cinéastes américains nous raconte des histoires plutôt creuses.
Le voici revenu avec " Le rêve de Cassandre ", un scénario aux effluves de tragédie grecque, bien ficelé mais sans grande originalité qui met en scène deux frères face au poids de la culpabilité et du devoir familial. Le résultat est classique, sans audace. On retrouve de belles images habillées de dialogues sages, l'ensemble manque cruellement de relief et d'intensité. La bonne surprise nous vient de la distribution avec deux contre-emplois formidablement interprétés pour Colin Farrell et Evan Mc Gregor. Pour le reste, l'histoire déroule sans surprise, c'est beau, c'est propre, un film de plus, en somme, pour un Woody Allen, certes libéré de certaines de ses obsessions, toujours talentueux, mais en très net manque d'inspiration.
Cela devient banal de l'avouer, mais voilà : on repense, nostalgique, à "La rose pourpre du Caire" ou autre joyau de sa filmographie. On cherche les qualités de ce dernier opus : bien filmé, bien tenu. Mouais. C'est le minimum que l'on puisse attendre de ceux qui jouent dans la cour des grands...