C'est l'été, Antoine doit quitter la ville pour rejoindre sa mère qui tient une épicerie dans un petit village du Sud de la France. Son père, malade, ne peut plus s'occuper de l'épicierie volante qui ravitaille les hameaux isolés. Un peu contre son gré -Antoine déteste cette campagne qu'il trouve mortifère, mais beaucoup pour Claire qui l'accompagne, il va remplacer son père.
La suite s'imagine sans peine : le garçon boudeur, pas franchement serviable et surtout pas compatissant avec les ruraux de découvrir peu à peu les bonheurs simples de la campagne et la franchise amicale de ses habitants. Avec cette histoire sans grande histoire, l'ex-journaliste Eric Guirado poursuit son travail de peinture sociale et réaliste débuté avec "Quant du descendras du ciel". Même s'il joue parfois d'effets de caméra (flous, accélérations, zoom arrêté...) comme pour rappeler qu'il n'est plus journaliste pour France 3, c'est dans la réalisation modeste, proche du documentaire, qu'il s'avère le plus juste et talentueux. "Le fils de l'épicier" s'apprécie comme un tableau simple de la campagne; couleurs franches, rythmes tranquilles, personnages suivis dans leur élément -beaucoup de non-professionnels, acteurs d'un jour avec espièglerie. Dans cet environnement filmé sous son jour le plus sain et vif, comment s'étonner qu'Antoine évolue vers un peu plus de gaieté? Doté d'un charme rude, Nicolas Cazalé qui interprète le rôle illumine la caméra au moindre sourire : c'est un enchantement de suivre ses pérégrinations, aux côtés d'une Clothilde Hesme tout en légereté et en sympathie. Le couple Daniel Duval/Jeanne Goupil en parents provinciaux est tout aussi crédible.
Justesse, sincérité, simplicité : tels sont les ingrédients majeurs de ce "Fils de l'épicier", et qui suffisent à en faire un moment typiquement agréable de notre cinéma.