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[archive cinéma]
Le jardin des Finzi-Contini
réalisateur
Vittorio De Sica
comédiens
Dominique Sanda, Helmut Berger, Fabio Testi, Romolo Valli

sortie le 18-07-07
Genre : Drame. Durée : 1h34

critique
+++_ La beauté et la vérité n'ont pas d'âge

Affiche
Affiche
La jeunesse passe, autour d'un terrain de tennis, sans entendre l'horreur qui se prépare de l'autre côté du mur du jardin.
La jeunesse passe, autour d'un...


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[critique]

+++_ La beauté et la vérité n'ont pas d'âge

par Anne Laure Gannac le 10-07-07

Ils sont jeunes, ils sont beaux. Quoique restaurée, l'image les caresse encore d'un voile au charme suranné qui les rendrait presque fantomatique. Jeux de lumière angéliques sur le visage de la belle héroïne, gros plans sur les paupières maquillées des garçons qui l'entourent : les signes ne manquent pas pour trahir une appartenance au cinéma italien des années 60 qui, réaliste, n'affichait pas moins son souci de l'esthétisme au risque de la coquetterie. "Le jardin des Finzi-Contini" a plus de trente-cinq ans. Mais le chef d'oeuvre est intact et, sans doute, resté inégalé dans la catégorie des films sur le fascisme et l'antisémitisme de l'Italie des années 40.

Celui-ci s'ouvre sur l'année 1938. Le régime en place, fasciste, décide peu à peu de mettre en place des lois antisémites. Mais dans la ville tranquille de Ferrare, personne ne veut vraiment y croire. Surtout pas la famille juive et aristocratique des Finzi-Contini. Refusant de voir la terrible réalité en face, elle continue de vivre en toute insouciance. Son terrain de tennis planté au milieu du jardin de l'immense propriété devient bientôt le lieu de rencontres de la jeunesse plus modeste de Ferrare qui, juive, se voit désormais refuser l'accès aux clubs sportifs de la ville. L'occasion pour Giorgio de retrouver Micol Finzi-Contini, son premier amour jamais oublié. De déclarations en déceptions, cette passion devient l'unique préoccupation du jeune homme. Tandis que, de l'autre côté du mur de la maison, l'horreur se prépare.

"Le jardin des Finzi-Contini" est l'un des derniers films de Vittorio de Sica. Après avoir offert au cinéma quelques unes de ses plus belles réalisations (inoubliable "voleur de bicyclette"...), depuis quelques années, l'italien semblait avoir sacrifié son talent sur l'autel des grosses productions commerciales. Puis il y a eu "le jardin des Finzi-Contini". Du roman de Bassini, Vittorio De Sica et son scénariste de toujours Zavattini tirent ce qu'il y a de plus puissant : la capacité à faire ressentir, à faire vivre ce morceau tragique de l'Histoire, au travers d'une narration simple et quotidienne. Que les douleurs provoquées par une histoire d'amour fragile l'emportent sur la tourmente générale générée par l'antisémitisme est un affront fait à la logique historique... mais un hommage rendu à la réalité. Et, finalement, un moyen incomparable de faire partager l'inhumanité de cette période. Avec ce film, De Sica disait vouloir réveiller les jeunes des années 70, à la mémoire trop courte. Quelques 35 ans plus tard, l'effet est toujours le même. Violent, bouleversant. Authentique.