Le cinéma argentin est particulièrement présent ce mois-ci. Après l'émotion brute del " Camino de San Diego " réalisé par Carlos Sorin, et tandis que "Buenos Aires 1977" suit son bonhomme de chemin en salle, voici " La Leon ", premier long métrage du jeune musicien et réalisateur Santiago Othéguy. Une histoire qui puise son inspiration dans d'autres terres reculées d'Argentine : le labyrinthe de rivières et de ruisseaux du Delta du Panama, habité par des personnages rares, épars, coupés du monde.
Alvaro est homosexuel, pas facile à vivre par là-bas. Passionné de livres, il mène une vie humble et solitaire sous le regard autoritaire et inquisiteur del Turu, le pilote de La Leon, un bateau-bus qui relie le Delta au reste du monde au prix de longues heures de trajet.
C'est précisément sur la lenteur que Santiago Othéguy a voulu travailler, le lent courant des eaux et et de la vie qui déroule, irréversible. Au point, sans doute, d'endormir quelques spectateurs -car voilà, le temps s'étire dans le silence et dans l'inaction. La vie d'Alvaro est touchante sans être bouleversante, le personnage dégage peu d'émotion et ne provoque pas d'empathie particulière. Que reste-t-il ? Pas grand chose, à part des images superbes de la nature luxuriante, qui, filmées en noir et blanc, donnent parfois un effet irréel, proche du cinéma d'animation. Santiago Othéguy propose un film esthétiquement intéressant mais terriblement ennuyeux. Dommage.