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[critique]
Persepolis

++_ Ca fait du bien là où ça fait mal

par Bénédicte Arcens le 23-06-07

Impossible de passer à coté. Persépolis, prix du jury du dernier festival de Cannes, est sur toutes les langues et dans toutes les conversations inspirées. Pourquoi?

Parce que c'est un film d'animation qui loin d'être un genre nouveau est, quoi qu'on en dise, peu présent et peu exploité dans l'univers cinématographique d'aujourd'hui. Une animation aux traits de crayons noirs inspirée de la bande dessinée éponyme de Marjane Satrapi, qui pour l'occasion travaille avec Vincent Paronnaud. Une association brillante qui offre au spectateur un film visuellement très abouti, terriblement expressif, réaliste et tendre, habité par des personnages subtils et drôles.

Parce que c'est un film sur l'Iran, un pays zoomé sur la scène internationale, qui cristallise les angoisses et les espoirs d'un monde usé de tous bords politique et religieux. L'histoire récente de l'Iran, donc, contée par une petite fille, Marjane, issue d'un milieu aisé et cultivé, âgée de huit ans en 1978, dans un Téhéran qui agite déjà les signes d'une révolution prochaine qui provoquera la chute du Chah. En grandissant, Marjane devient témoin de l'Histoire, et c'est à travers sa propre sensibilité de jeune fille qu'elle la perçoit : une jeune fille en quête de liberté qui subira les premières secousses d'un abrutissant régime islamiste avant d'être envoyée en Europe par ses parents. Marjane reviendra fatiguée, sans identité, errante sur sa terre abîmée par l'intolérance et l'extrémisme.

L'Histoire perçue à travers le prisme de la jeunesse confère au film une naïveté et une spontanéité touchantes et permet à Marjane Satrapi d'entrouvrir la porte de l'humour avec intelligence et ingénuité. Un film original et humaniste. Un retour brillant pour le cinéma d'animation qui n'avait pas été primé à Cannes depuis "Dumbo" en 1947...
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Fiche cinéma
Titre:Persepolis
Réalisateurs:Marjanne Satrapi
Vincent Paronnaud
Dates:
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Deux générations et un foulard de différence
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