Adapté d'un roman de Serger Joncour, UV se revendique comme un film d'atmosphère. Réussi? Disons... qu'il y fait chaud.
Le cadre : une maison de rêve, dans le midi. Isolée, comme toutes les maisons de rêve. Une famille de grands bourgeois s'y ennuient copieusement. Au bord de la piscine, deux sylphides en bikini se dessèchent les neurones à longueur de journée. Un peu plus haut, derrière une fenêtre, le père, Jacques Dutronc, veille sur ses naïades et regarde le rien au loin. Quelque part, mouvante, Marthe Keller affiche un sourire serein, gentiment satisfaite de son confort, tandis qu'André-Pierre, l'époux d'une des deux sylphides, arpente nerveusement la demeure tel un animal en cage. L'ombre de deux enfants apparaît parfois dans le silence. Il fait chaud. Caniculaire. La lumière est blanche, surexposée, les lignes de fuite de la piscine se confondent avec l'horizon, tout est net, rien qui traîne, ni serviette, ni crème à bronzer, une vraie carte postale, image irréelle de pureté et d'esthétisme.
Arrive Boris. Un bel inconnu qui prétend être invité par Philip, le fils de la famille. Seulement voilà, Philip n'est pas là. Il arrivera demain, ou un autre jour. Qui sait.
Le jeune Boris, tenue blanche et lunettes noires, est invité à rester dans ce décor de rêve, en attendant l'arrivée de son camarade. Le bikini de l'autre sylphide, Laura Smet alias Julie, frétille déjà. On demande vaguement au jeune homme ce qu'il fait dans la vie, il répond par une pirouette qu'il deale de l'héroïne. Jacques Dutronc et ses filles s'amusent de cette audacieuse réponse. De grands bourgeois peu effarouchés...
Boris, dont on se demande à son arrivée si il joue faux ou si son interprétation est le fruit d'un subtil travail réclamé par le réalisateur, s'intègre assez vite dans cette famille énigmatique, blasée, abattue par la chaleur et le peu d'intérêt qu'elle dégage.
Mais qui est donc Boris ? Que vient-il faire là si ce n'est cristalliser la face cachée d'une tribu se vautrant dans le luxe avec la richesse intellectuelle d'un encéphalogramme plat ? On attend une heure quarante pour le savoir ou le deviner. On s'ennuie assez vite au milieu de personnages fades, bourgeois sans conservatisme ni folie, sans grand caractère, excepté celui de Pascal Elbé, formidable en beau-fils de bonne famille irrité et irascible.
Le film ralentit au fur et à mesure qu'il avance, ce n'est ni drôle, ni angoissant, ni étouffant malgré la chaleur suggérée. Un film d'atmosphère peut supporter peu de dialogues mais pas de mauvaises répliques. Les échanges sont trop lisses pour capter l'attention. Une séance d'UV un peu inutile.